AVERTISSEMENT

Je tiens à préciser pour les personnes qui auraient du mal à comprendre la démarche d’un blog (flatter l’égo démesuré de l’auteur, partager ses névroses, faire pleurer dans les chaumières, passer ses nerfs, raconter des conneries, informer un peu, se marrer beaucoup, toussa), que tout ce qui est écrit ici – non seulement n’engage que moi – mais surtout, que tout ce qui y est raconté est bien évidemment purement fictif. Par là j’entends que ces récits, satires, pamphlets, anecdotes (lorsqu’ils ne sont pas tirés d’ouvrages extérieurs) sont inspirés de faits réels mais sont, comme vous l’aurez tous compris, racontés à travers le filtre d’une imagination débordante et d’un esprit, je m’en excuse, légèrement névrosé.

mardi 12 novembre 2013

TV... QUOI ??


Bah ouais, je sais, comme d'hab vous avez encore attendu des plombes ! 


En même temps j'ai un peu autre chose à foutre en ce moment hein...



Désolée hein, mais l'air de rien tenir des écuries c'est un peu de boulot, genre tu te lèves pas après 7h quel que soit le jour parce que les chevaux ils ont quand même faim même si c'est férié, genre tu t'enquilles tous les boxes et plus ça va plus y en a à faire (mais je vais pas me plaindre...), tu donnes le foin, tu balayes, tu remplis les abreuvoirs, tu vas nourrir les poneys, tu remplis les abreuvoirs, tu passes la barre dans la carrière, tu te dis qu'il faudrait rentrer du foin, tu montes deux chevaux, tu fais les soins aux deux chevaux en question, tu remets les couvertures, tu fais un tour des crottins dans les boxes en répondant au quinzième appel de la matinée, tu vérifies que le mec de décath il t'a pas oublié pour la commande, tu prépares les rations, tu te dis qu'il va falloir recommander du grain et tu te dis dans ta tête qu'il faudrait noter combien de sacs de quoi tu veux commander parce que quand tu vas avoir l'idée de le faire tu seras à cheval forcément et t'auras oublié combien il reste de machin et combien tu veux de truc. Oui parce que forcément, au moment où t'es avec les sacs d'aliment, c'est soit trop tôt, soit entre midi et deux, soit trop tard, c'est moche...



Après tu nourris et tu vas prendre un café comme ça t'en profites pour répondre aux dix textos que t'as reçu dans la matinée pour te demander si y a cours, comment il était mon cheval, est ce que ça va la toux de Caramel, et les croûtes de Damoiselle c'est mieux ? Et sinon j'arrive vers 15h, mon boxe sera prêt ? Et toi t'envoies un texto à ton maréchal préféré d'amour parce que ton poney il a déféré et parce qu'il voulait aussi savoir quand la jument de machin arrive parce qu'il préfère la re ferrer chez toi, c'est moins la merde que là où elle était avant (d'ailleurs ça me fait penser que je l'ai pas appelé pour mon poney déféré alors vous m'excusez deux minutes je reviens...)

... 



Voilà, désolée, on en était où ?? Ah oui, la pause café, donc t'envoies tes textos, tu vérifies les trucs que t'avais oublié de vérifier, tu fais le point des factures, tu fais la liste des trucs que t'as encore oublié d'acheter quand t'es allée chez le sellier, genre un mousqueton ou un truc à deux balles que ça te fait bien chier de pas avoir parce qu'il va falloir que t'y retourne rien que pour ça et que ça se trouve tu vas encore oublier au moment où t'y seras parce que tu vas taper la discute avec le vendeur... Fin bon, je m'égare... Ensuite tu repars pour monter le cheval suivant, tu fais les soins, tu de dis que ça serait bien de le tondre mais t'attends un peu parce que tu te remets tout juste du coup de pied que t'as pris y a 3 jours et que t'as cru que cette putain de jument t'avait pété le genou alors que t'avais presque fini la tonte. Tu passes un coup de balais, tu fais un peu de rangement parce que hier y avait les cours et que tout le monde n'a pas la même idée du rangement que toi. Tu te dis qu'il faudrait appeler la dame qui te lave les tapis pour lui en refiler un paquet, d'ailleurs il te semble bien qu'elle a encore des protec de transport à toi qu'elle t'a pas encore ramené, y avait pas des tapis aussi avec d'ailleurs ?? Pfff, t'en sais plus rien ma pauv'fille, s'en est passé un paquet des trucs depuis qu'elle est venue la dernière fois ! Bon, elle te dira ça quand tu l'appelleras pour venir chercher les tapis, on est plus à une semaine près ! 



Entre deux, tu passes dans le bureau et tu te dis que t'es assez fière de ta déco de Noël, ça a vraiment de la gueule, les cavaliers vont adorer ! Tu cherches tes gants que t'as encore posé on ne sait où, heureusement que t'en as au moins 5 paires, y en a toujours une qui traîne là où t'es en train de chercher même si c'est pas ceux là que tu voulais parce que là c'était les pourris pour aller déplacer la rampe à fumier et que ça fait chier de prendre la paire la plus neuve pour aller mettre les mains dans la merde, et forcément, quand c'est pour aller monter c'est les pourris que tu retrouves... Fin bon, je passe les détails sordides... Donc en allant déplacer la rampe à fumier pour que le mec de la société de ramassage puisse venir chercher la benne tu te dis que c'est le moment de ramasser toute la merde qu'il y a autour et que ton "colocataire" se fait un plaisir d'étaler partout, tu te rends compte que ta pelle est tordue et qu'elle commence à tirer la gueule, donc tu te dis qu'il va falloir penser à aller en acheter une autre, oui, parce que déjà que déplacer la merde c'est pas une activité extraordinaire en soi, si c'est pour le faire avec du matos de merde c'est un coup à friser le pétage de plomb surtout quand t'as commencé ta journée avec que des emmerdes et sous la flotte (chose qui peut arriver assez régulièrement...)



Ensuite tu vas donner le foin, tu rentres les chevaux que t'as sorti le matin, tu leur rechanges leurs couvertures, bah oui, y a la couverture de dehors et la couverture de dedans, vous y connaissez rien ou quoi ? Ensuite tu donnes le foin aux poneys dehors et tu leur remets de l'eau, tu les engueules parce qu'ils sont pas foutus de te laisser passer quand tu distribues le foin et qu'il y en a bien un qui va réussir à s'empaler sur ta fourche en voulant manger avant les copains... 



Bon allez, je reviens je vais donner le foin, bah oui, parce que telle que vous ne me voyez pas, là, je prends sur mon temps pour vous pondre un truc qui ne ressemble à rien alors que je devrais déjà être en train de préparer les filets à foin, donc j'y vais hein... Si je retrouve mes gants...



......







Bon, donc ça fait à peu près une heure que je suis partie, j'espère que vous ne m'attendiez pas ! 



Donc tu te fais chier avec le foin parce qu'il fait à moitié nuit et que tu vois pas les ficelles qui tiennent la boule de foin, c'est donc beaucoup moins pratique pour les couper, t'es assez contente d'avoir regonflé les roues de la brouette hier parce que ça roule quand même vachement mieux, ensuite, si vous avez suivi, tu vas donner le foin aux poneys, mais en vrai cette fois, donc tu te rends compte que ça serait pas mal de passer un coup de serpillière dans ce satané couloir que tu sais pas pourquoi quelqu'un a eu l'idée de carreler en blanc... Donc une fois que t'as donné le foin aux poneys, les chevaux qui sont avec et que tu veux rentrer ben ils sont tout au fond dans la boue, donc là tes contente d'avoir échangé tes bottes en cuir pour monter contre tes bottes en caoutchouc étanches pour marcher dans la merde. Oui parce que c'est pas tous les jours le cas, des fois t'as oublié et tu t'en rends compte que quand t'as les pieds dedans... Dans la merde.



Nan parce que je vous ai passé sous silence tous les allez-retours que tu fais pour rien dans la journée, genre, rien que tout à l'heure quand je vous ai abandonné pour la deuxième fois je suis revenue deux fois sur mes pas après avoir cherché mes gants dehors alors qu'ils étaient dedans dans mon seau à pansage, ensuite je suis repartie pour récupérer les filets à foin dans les boxes et je suis revenue chercher les mousquetons que j'avais acheté pour que ce soit plus simple et surtout plus rapide de les accrocher et décrocher. 



Et je vous passe le moment où t'arrives au foin ou dans la graineterie et où t'as pas le couteau que tu t'étais pourtant dit qu'il fallait prendre mais que quelqu'un t'as appelé ou parlé pendant ce temps et que t'as fait encore une demi-douzaine de trucs sur la route pour rentabiliser le trajet, tu l'as tellement bien rentabilisé que tu te souviens plus pourquoi tu l'as fait au départ et c'est que quand t'arrives dans l'autre sens que l'évidence te saute aux yeux... 



"Putain le couteau bordel !!! J'vais jamais y arriver !"


Donc, en allant mettre le foin aux poneys t'as une propriétaire qu'arrive, ça tombe bien du coup elle t'aide à ramener les deux zozos qui étaient dehors et même qu'elle leur remet de l'eau, c'est toujours ça de moins à faire ; pendant ce temps y a la propriétaire du cheval qui vient d'arriver qui est là, il faut qu'on voit où elle peut ranger ses affaires, comment ça se passe, que tu lui files un double des clés, que tu récupères le carnet, que tu notes ses coordonnées, les soins pour son cheval, les rations, quelle(s) couverture(s) il faut lui mettre à quel moment de la journée, tu lui offres un café, tu fais un peu de social, c'est aussi ça ton métier, t'essaies de savoir où ils en sont tous les deux dans le boulot, les concours, le saut, le plat, et la famille ça va ?? Nan j'déconne... Bon, pendant ce temps t'as répondu au énième texto sur les cours de demain, t'as aussi répondu au texto de la proprio qui te demande si t'es encore là et qui t'avais dit qu'elle arrivait dans son texto de 13h38, ... il est 18h23 quand tu reçois le texto "J'arrive" et à l'heure où je vous parle il est 18h54 et elle est toujours pas là... Elle habite à deux minutes trente. Je pense qu'un jour je ferai un billet tout entier à son sujet d'ailleurs, c'est une personne à qui il n'arrive que des choses extraordinaires !!


Ah, bah quand on parle du loup... (Du coup je vais aller nourrir et puis je finirai bien au chaud dans mon canapé si ça vous dérange pas !)




.....



Donc t'as discuté avec la propriétaire pendant que son gosse commençait à jouer avec la déco de Noël que tu avais amoureusement disposée (en vrai c'est pas vrai parce que j'avais prévu le coup, j'ai tout mis en hauteur... On me la fait pas à l'envers à moi, j'commence à les connaître les zozos), elle te raconte des trucs que même avec la meilleure volonté du monde t'arrives pas à croire et pourtant, pendant qu'elle te raconte tous ces trucs incroyables, il se passe encore un truc incroyable, y a son bébé chien qui se fait attaquer par le con de chien du "colocataire" (il se peut qu'un jour on le retrouve enfourché lui aussi... Fin bon, si on vous demande vous direz que vous n'êtes au courant de rien hein...), le truc qui n'est jamais arrivé et qui n'arrive jamais, sauf à elle. Tout ça pour dire que c'est incroyable mais qu'elle a tellement la poisse que tout compte fait, la probabilité que ces choses lui arrivent vraiment n'est pas si infime que ça...

Fin bon, tu vois l'heure tourner, ton billet qu'est pas fini et que pourtant t'aimerais bien terminer une bonne fois pour toutes pour être débarrassée, et tu discutes parce que c'est aussi ça tenir une écurie, j'ai un caractère de merde mais je passe pas ma journée à envoyer chier tout le monde non plus. Bon, tu lui proposes pas de café cette fois, faut pas abuser, tu finis par te dire que tu finiras ton billet à la maison et qu'il va falloir que t'aille nourrir. Il fait nuit noir, tu refais un tour des crottins et des abreuvoirs pour ceux qui ne sont pas automatiques, tu culpabilises parce que t'as écrit ton billet alors qu'il y avait mille autres trucs à faire de bien plus nécessaires. Tu ranges tout ton bazar, tu oublies le post-it où l'adresse mail de ta nouvelle pensionnaire est notée, tu lui prépareras sa facture demain en espérant que t'auras le temps parce que c'est mercredi et que t'as un paquet de trucs à faire en plus des cours. 

En rentrant tu passes un coup de fil à une élève qui doit venir en cours demain avec ses fils et qui devait t'appeler pour te dire à quelle heure et qui ne l'a pas fait évidemment, tu lui laisses un message pour qu'elle te rappelle et t'auras de la chance si elle te rappelle avant 23h sinon elle te rappellera pas et arrivera la gueule enfarinée demain à telle heure en te disant : " Ah, ben je pensais pas que t'aurais d'autre cours à cette heure ci ....." Tu te dis aussi que ça va être le bordel demain parce que le maréchal il vient début d'aprèm et qu'à tous les coups ça va être pile poil à l'heure où t'as les gamins qui préparent les poneys et que ça va le gonfler même s'il est super cool, donc tu te dis que tu vas lui envoyer un texto pour le prévenir que s'il peut venir vers 13h ça sera pas plus mal.

Tu te dis encore au moins cinquante choses que t'oublies aussitôt, genre qu'il faudrait passer à la banque déposer des chèques, à la poste pour envoyer les carnets, mais non en fait, il faut attendre que l'autre carnet revienne de France Galop où il aurait jamais dû atterrir mais encore une fois je passe les détails et que tu renverras les deux en même temps. Tu te dis qu'il faut que tu fasses un point sur les factures, sur les déclarations Urssaf, sur les remises de chèques ; tu repenses aussi à cette dame qui a appelé pour mettre sa très bonne jument de compétition chez toi et tu te demandes si tu devrais pas trouver une solution pour la sellerie qui commence à être trop petite, t'en as bien cherché des solutions mais y en a pas cinquante pour l'instant, du coup t'appelles papa et maman pour voir si on peut pas bricoler un truc en attendant mieux. Tu te dis aussi qu'il te tarde de trouver ce satané râtelier à foin pour les poneys, ça t'évitera la corvée de foin deux fois par jour, mais tu te dis aussi que ça va te coûter plus cher en foin du coup vu que les poneys ne seront pas rationnés, tu te demandes si le gain de temps vaut la perte d'argent, évidemment qu'il ne la vaut pas puisque pour l'instant tu ne te verses toujours pas de salaire, mais sans parler d'argent, il faut quand même essayer de se préserver un minimum physiquement, donc on va dire qu'avec le temps que tu vas gagner et le physique et le moral que tu vas préserver tu y gagnes au moins la capacité de travailler plus et mieux.

Bon, tu rentres à la maison, je vous passe tout le tralala de fermer les volets, préparer à bouffer, faire le ménage, prendre la douche, nourrir les bestioles, finir ton billet et puis noter dans ton agenda tous les trucs que t'as à faire et qu'il faut pas oublier. Et dans ton agenda, à jeudi, après ton cours de 18h qui finit généralement à 20h t'as noté : réunion TVA.

Et tu te dis que dans tout ce fatras d'idées et de choses à faire que t'as dans la tête, ça serait sympa qu'il y ait une petite place pour aller chercher les textes, les vrais sur les tenants et aboutissants de cette histoire, parce que toi tu veux bien protester, faire des manifs et communiquer, mais t'aimerais quand même bien savoir de quoi ça parle exactement tout ça... Malheureusement il est déjà tard, t'as pas encore pris ta douche ni mangé, tu te dis que t'es un peu fatiguée quand même et que t'as pas envie de penser à tout ça. Tu te dis que de toutes façons, dans tout ce bordel qu'on appelle la fiscalité et la politique y a beaucoup trop de trucs que t'as pas le temps de te mettre à comprendre, que la réunion tu vas y aller, que peut être tu y comprendras un peu plus après même si à priori tu te dis qu'on va encore te raconter que ce qu'on veut bien te raconter, tu te dis qu'avec les chevaux c'est quand même plus facile, eux ils t'en racontent pas des histoires, ils font ce qu'ils sentent, tu te dis que quand même, un monde où tu dois faire tout ça et où en plus on te demande de faire de la politique c'est pas un monde où t'as envie de vivre





samedi 29 juin 2013

Même que c'est pas des conneries


Bon alors, comment te dire... Aujourd'hui j'ai fait mon footing, mais beaucoup trop de fois...

Oui, bon, tu vas te dire, qu'est ce qu'elle a encore celle là à nous raconter sa vie avec des trucs qu'ont rien à voir avec le poney, elle nous saoule avec ses histoires à deux balles d'aspirateur, de portière arrachée et de je sais pas quoi encore ! Pffff, y a vraiment rien à en tirer...

Nan mais arrête ! J'te promets que ça parle de poney aujourd'hui, même que c'est vrai. Attends, j'te raconte...

Donc voilà, en ce moment je suis triste, je suis triste parce que j'ai deux poneys qui veulent pas grossir, et des poneys pas gros, ben moi j'aime pô. Un poney c'est gros, sinon c'est pas un poney d'abord. Alors j'te passe les vermifuges et tout le tralala, véto et tout hein, nan, le truc c'est que comme t'as sûrement dû le remarquer (à moins que tu viennes de la planète Mars et là tu m'intéresses tout de suite beaucoup beaucoup (tu peux me donner ton 06 ?) d'ailleurs si tu viens d'Uranus ça m'intéresse plus, j'aime mieux Uranus comme planète... Fin bon), on a juste eu un hiver qui a duré à peu près .... 7 mois. Ouais, donc l'hiver de 7 mois, ben mes poneys y z'aiment pas. Y z'aiment pas parce que quand ils ont perdu leur poil d'hiver il s'agirait qu'il ne se remette pas à faire moins douze juste après, histoire qu'ils n'aient pas à brûler toutes leurs réserves pour se réchauffer parce qu'il y a un grand con là haut, ou pas d'ailleurs, qui fait mumuse avec l'anticyclone des Açores... Fin bon, t'as compris l'idée générale.

Donc comme j'aime pas que mes poneys soient maigres, et bien j'ai décidé de les nourrir un peu plus, surtout les deux là, ceux qui sont en pleine croissance et qui ne veulent pas prendre un gramme. Et bon, comme tu le sais, c'est même pas la peine d'imaginer que je vais leur mettre une ration de grain rien que pour eux au milieu du pré et que les autres ils vont dire : 
"- Non mais allez-y hein, nous on est gros, on n'en a pas besoin, c'est pour vous le bon manger"

Nan, ça serait plutôt genre :
"- Vas-y dégage, c'est chacun pour sa gueule ici, alors va sucer les cailloux ! Nan mais."

Hem...

Donc bon, je sors donc mes deux maigrichons du pré pour leur donner leur ration dehors, dans l'herbe, et puis comme ils sont choupis je les y laisse toute la matinée pour qu'ils puissent brouter tranquille, pendant que les autres finissent la ration de foin du matin. Evidemment je passe sur les conneries du genre, j'vais brouter dans les endroits les plus improbables que t'imaginerais même pas, à moitié dans le fossé, entre les camions, sous la voiture, dans le hangar à copeaux... Je pense qu'un jour j'en retrouverai un dans le camion vu que le pont est ouvert ou dans la boîte aux lettres... Eux ils vont brouter dans les endroits où y a pas d'herbe, bon, c'est des pottoks (ouais je sais pottokak mais y en a la moitié qui vont pas comprendre, et oui ça se prononce pottiok pour ceux qui sauraient pas), ça s'invente pas hein...

Bref, arrive quand même le moment où faut rentrer, parce que vu l'imagination dont ils font preuve, t'imagines bien que je vais pas les laisser là trop longtemps sans surveillance, s'agirait pas de les retrouver attablés dans le foyer les lads en face... ou pire ! Dans leur assiette. 

Re bref, me voilà donc partie pour récupérer ce petit monde. Le premier, facile, c'est le qu'est pas pottok même s'il essaie d'imiter sa copine pour les endroits farfelus il a jamais autant d'imagination, il doit être Landais ou un truc comme ça, il a un petit air même si on connaît pas bien ses origines. On sait que le Landais (humain) est une quiche en voiture (ouais je sais j'vais pas m'faire des copains) mais le Landais (poney) est une bonne poire, il est choupi, il vient te voir quand t'arrives et il se laisse attraper de bonne grâce. En ce qui concerne l'autre en revanche, que nenni ! Quand elle te voit rappliquer avec ton licol, elle te regarde sournoisement et pi elle se barre en courant la saloperie ! Dans ces moments là j'me dis qu'elle ferait un joli saucisson, mais bon, passons...

Voilà, donc c'est là que commence l'histoire que je voulais te raconter. Comme le poney ne se laisse pas attraper et ben faut bien trouver une solution ! Et comme il est en liberté et qu'il s'agirait pas qu'il aille n'importe où, il faut le canaliser... en courant plus vite si tu peux mais ça j'y arrive pas... ou en courant intelligemment (ça j'y arrive un peu mieux mais j'aime quand même pas beaucoup courir, donc s'agirait d'être vraiment très intelligente). 
Bon, on déconne mais l'air de rien je t'explique un truc d'éthologie, l'idée c'est pas d'attraper le poney, l'idée c'est que le poney il ait envie que tu l'attrapes... Et ouais... C'est là qu'il s'agit de pas trop déconner.

Donc bon, première étape, faire rentrer le poney dans la carrière, c'est maintenant qu'il faut courir intelligemment pour que le poney il croie que c'est une bonne idée d'entrer dans la carrière (1ère phase du plan machiavélique).
Deuxième étape, refermer la carrière. Et là, ma p'tite dame, tu vas voir que je vais courir beaucoup mais que je vais pas courir pour rien... HaHaHaHa (rire machiavélique)
Donc me voilà partie...

Au début ma pottok elle fait la belle, elle trottine la tête haute l'air de dire :
"Ha j't'ai bien eue, tu m'attraperas jamais ici, c'est beaucoup trop grand, j'ai toute la place pour galoper comme je veux !"

Et là j'me dis :
"Alors déjà tu vas moins faire la maline parce qu'ici y a pas d'herbe, donc ton histoire de pas se laisser attraper pour brouter déjà, c'est mort."

Et c'est maintenant que ma très grande faculté à être plus têtue qu'une mule (un pottok en l'occurrence) et à ne jamais lâcher l'affaire entre en jeu. Puisqu'elle veut courir, elle va courir, mais elle va courir là où j'ai décidé et dans le sens que j'ai décidé... Alors au début c'est un peu le bordel, faut courir partout parce que le poney il veut s'arrêter dans les coins, il veut faire demi tour, bref, il veut te montrer que c'est lui qui décide. Donc c'est là qu'il faut lui faire comprendre que non, c'est certainement pas lui, et que s'il veut courir il peut, autant qu'il veut, même plus qu'il ne veut mais surtout, là où je veux et dans le sens que je veux. Quand il s'arrête, je lui cours après pour qu'il reparte, quand il fait demi tour, je lui bloque le passage pour qu'il reparte dans l'autre sens... Ça peut prendre un certain temps, surtout la première fois... Fin bon, en fonction de l'intelligence du coureur on va dire max 20 minutes hein, faut pas déconner non plus, tu m'as pris pour Kilian Jornet ou quoi ?

Et donc au bout de dix minutes mon poney déjà, il a lâché l'affaire, il s'arrête plus dans les coins et il essaie plus de faire demi tour, il se dit que l'autre neuneu qui fait que courir là au milieu elle a l'air beaucoup plus têtue que lui (la deuxième phase du plan machiavélique est enclenchée, je m'insinue sournoisement dans sa tête... Gniark gniark gniark)

Bon, tu vas me dire, tu l'as toujours pas attrapé ton poney... Ouais, je sais, mais attends, t'inquiètes.

Et là mon poney tout d'un coup il se dit qu'il en a marre de galoper, il se dit qu'il aimerait bien pouvoir s'arrêter un peu et retrouver ses copains là, dans son pré. Il commence à me regarder du coin de l'oeil pour voir si par hasard y'aurait pas moyen de négocier... Genre je ralenti un peu, pour voir...

Ok, voyons, si j'te laisse ralentir est ce que je peux m'approcher ? Non ? Ok, bon bah alors non, tu ralentis pas, tu vas même accélérer un peu pour voir... 

Et là le poney il se dit qu'il faut trouver une solution parce qu'il a pas du tout envie de passer la journée à galoper dans la carrière avec l'autre neuneu à ses trousses, il se dit que peut être il aimerait bien que quelqu'un lui mette un licol pour le ramener dans son pré avec ses copains, ouais, c'est quand même cool les copains et le pré...

Donc là je vois mon poney qui ralenti et qui me regarde, je le laisse faire, il s'arrête... Je le laisse faire et j'attends. Elle sait très bien que si elle ne fait rien d'autre je vais lui demander de repartir sur son cercle, elle réfléchi et puis :

"Oh et puis merde ! Voilà, c'est bon, j'arrive ! Fait chier hein..."

Et voilà ma ponette qui rapplique gentiment pour que je lui mette son licol, je la caresse affectueusement et je lui dis que c'est une grosse naze parce que depuis le temps, elle devrait savoir que je suis une obsessionnelle compulsive et que plus têtue que moi tu meures ! Peut-être qu'elle le savait mais elle n'avait jamais testé. Voilà, maintenant c'est fait. Et je suis prête à parier que je n'ai pas couru pour rien, la prochaine fois ça m'étonnerait qu'elle me fasse tout ce cirque, les pottoks sont têtus mais ils ont une excellente mémoire (Dernière phase du plan machiavélique accomplie. Et pour tout te dire, le moment où ton poney se tourne vers toi et te rejoint, c'est juste un instant magique ♥)...

Tout ça pour te dire que cette histoire de perdre du temps pour en gagner, et ben c'est définitivement pas des conneries.



jeudi 6 juin 2013

On gagne du temps à en perdre


La première fois que j'ai entendu cette phrase je me suis dit que ça voulait rien dire.


Bon, d'accord, c'était du Michel Robert, mais c'est pas parce que c'est Michel Robert qu'il ne peut pas dire de conneries...



Fin bon, depuis je me suis rendu compte que c'était pas du tout des conneries, méa culpa Michel !



Donc maintenant il s'agit de comprendre comment on peut gagner du temps en en perdant ? Et puis perdre du temps à faire quoi ? Brosser, seller, faire du trot assis ? Nan vraiment c'est pas clair cette histoire...


Plus j'avance dans ma vie de cavalière, et plus je me rends compte que ce sont les petits détails du début de l'apprentissage qui provoqueront soit les plus grandes difficultés, soit les plus grands avantages.

Un petit exemple. 

J'ai débourré un poulinou il y a quelques mois et, grande chance pour moi, je suis une psychopathe, ouais bon, vous le savez déjà, mais quand même. Donc bon, que je ne supporte pas la moindre approximation. Attention hein, il y a approximation et découverte, moi je parle de l'approximation, genre le poney il sait très bien ce que tu lui veux mais il en fait que la moitié parce qu'il se dit que ça ira bien comme ça. 
Et pourquoi donc qu'il se dit que ça ira bien comme ça ???

Et ben parce que la plupart du temps tu te dis que ça ira bien comme ça toi aussi... C'est moche...

Ben moi non, moi je suis psycho-rigide, y a pas moyen que ça aille bien comme ça, si je veux que tu mettes ta tête là et ton pied là alors tu vas pas les mettre ailleurs, c'est tout, c'est peut-être très con mais c'est comme ça, je peux pas faire autrement. (Mes névroses, toussa...) 

Voilà, donc mon poulain qui se comportait très bien quand on était à sa gauche, rapport au fait que personne n'avait pris le temps de le manipuler des deux côtés parce qu'on tient un cheval par sa gauche c'est comme ça épicétou, et ben dès qu'on était à droite il vous marchait dessus. On lui avait appris à respecter l'humain à sa gauche, mais celui à sa droite ben rien à foutre, on peut l'écraser celui-là... 

Et de là ont découlé tous les petits problèmes que j'ai eu au débourrage, je passe les détails mais cela va du cercle à gauche qui passe comme une lettre à la poste alors qu'à droite ben y a pas moyen de tourner correctement. Le cheval qui suit bien quand on est à sa gauche mais pas à sa droite, le cheval qui ne bouge pas au montoir à gauche mais qui gigote à droite. Et encore aujourd'hui, et malgré le fait que j'en sois consciente, je sais que cette épaule droite sera toujours la base des problèmes de ce cheval.

Et pourtant je suis une psychopathe ! Oui, parce que dès le début je ne lui ai jamais lâché la grappe avec cette épaule, je n'ai jamais laissé passer un seul mouvement la laissant s'échapper ou s'effondrer. Dès qu'il faisait un pas à droite que je ne lui avais pas demandé, il fallait qu'il le fasse dans l'autre sens. Pas un exercice sans que je ne surveille cette épaule comme le lait sur le feu. Chaque pas laissant ce défaut non corrigé aurait encore accentué son déséquilibre. Je lui ai donc appris, à force de patience et de répétition, à ne jamais se laisser entraîner par cette épaule, à toujours se corriger et se rééquilibrer, à chaque pas au début, sur chaque exercice, chaque virage, chaque reculé, chaque déplacement de hanche ou d'épaule et uniquement en main. Ne jamais le laisser faire demi tour en liberté si je ne lui avais pas demandé, ne jamais le laisser venir sur moi sans qu'il respecte une distance de sécurité, même à la fin d'un exercice réussi, ne jamais le laisser prendre une initiative qui irait contre la bonne évolution de son dressage. Ce sont parfois des choses que l'on pense complètement anodines comme laisser le cheval secouer la tête en enlevant son filet, ou laisser le cheval passer un pas devant vous pour rentrer dans son box. Il y a des milliers d'exemples, et chacun de ses détails a une importance capitale pour la suite de l'éducation du jeune cheval. 

Si l'on a laissé passer certaines choses que l'on considérait comme anodines au début, on se rendra rapidement compte (sans forcément faire le rapprochement d'ailleurs) que chacune de ces petites choses finira pas se transformer en problème. L'exemple flagrant du cheval qui ne tient pas une de ses épaules se résume à l'embarquement, un cheval qui s'effondre sur une épaule embarque généralement très mal tout simplement parce qu'il n'est pas droit, et tant que le problème de rectitude n'est pas résolu le cheval n'embarque pas. Alors on utilise comme dernier recours les longes de chaque côté du van pour faire embarquer, cela résume bien le problème, il faut canaliser le cheval sur le côté duquel il s'échappe. Un bon travail en main pour lui apprendre à tenir son épaule et à rester droit suffirait à résoudre cette difficulté, cela veut dire qu'il ne faudrait jamais laisser passer ne serait-ce qu'une once de centimètre de cette épaule en dehors de la ligne de la rectitude, et cela à chaque fois que le cheval travaille ou qu'il est mené en main.

Pourquoi cette sévérité et cette intransigeance me direz vous ? Et bien parce que le cheval, lui, il ne comprend pas le un coup oui, un coup non. Dans le groupe, sa place est définie, il en sort, il prend un coup de pied, il y reste, il a du confort et personne ne l'embête. C'est aussi simple que ça, c'est clair, c'est net, ça le rassure.

A l'inverse l'humain a une fâcheuse tendance à faire n'importe quoi, un coup c'est oui, un coup c'est non, un coup c'est je sais pas t'as qu'à décider toi moi j'en sais foutre rien (j'en connais un certain nombre qui se reconnaîtront à l'abord d'un obstacle ou au moment de choisir si on part à droite ou à gauche...). Résultat, si on a un cheval dominant, il prend le dessus et, même le jour où on a enfin décidé, et ben lui il se dit que c'est lui qui commande donc il en fait qu'à sa tête ; et si on a un cheval plutôt dominé et bien on le rend inquiet, peureux, craintif, trouillard, nerveux et tout ce qu'on veut de vraiment pas cool du tout pour un cheval qui, je le rappelle, est un animal de proie au départ...

Donc, pour gagner du temps, et bien il faut en perdre. Et il faut en perdre un sacré paquet au début, sur tous les petits détails. Le cheval ne bouge pas quand on le prépare, s'il avance d'un pas, on le fait reculer d'un pas, point, pas plus, pas moins, et à CHAQUE fois. Alors oui, c'est fastidieux, ça prend du temps, c'est chiant, ça m'saoule et tout le tralala mais c'est le passage obligé pour avoir un compagnon qui vous estime capable de gérer toutes les situations. Le cheval est un animal grégaire, il a besoin de s'en remettre à quelqu'un pour sa sécurité, et si ce quelqu'un ça n'est pas vous, son cavalier, alors c'est lui et là, c'est le début du prochain drame. 

Ouais, le drame... Vous savez, le fait divers, la balade en forêt qui tourne mal avec le cheval qui prend peur d'un moucheron qui passait par là parce qu'il sait très bien que celui qu'est là-haut sur son dos il sert à rien et puis de toute façon il a jamais compris un traître mot de ce qu'il lui voulait donc bon, on rentre au galop en traversant la nationale, ça sera toujours plus sûr que de se faire dévorer par un moucheron.

Bah ouais, vous trouvez ça con hein ! Ben pourtant c'est exactement le raisonnement de votre cheval. Pas de chef, pas de moucheron, ça fout trop la trouille...

A contrario, le cheval qui a confiance en son cavalier parce que depuis toujours il évolue dans un cadre bien défini duquel il n'a le droit de sortir qu'extrêmement rarement voire jamais va voir un sanglier lui passer devant les pieds et se dire : "tiens, y a des sangliers aujourd'hui ! Pfiou, dis donc j'ai sursauté quand même ! Mon cavalier a l'air de trouver ça sympa les sangliers, j'me demande bien c'qu'il a mangé à midi pour galoper comme ça celui là... D'ailleurs en parlant de ça il me tarde de rentrer parce que mon foin doit m'attendre, en plus je sais que j'aurai une carotte, c'est quand même cool les balades...."

Voilà voilà, alors bon, c'est sûr, faut être un peu psycho-rigide et surtout faut être rigoureux mais n'empêche que ça paye. Au bout de 4 mois de travail mon poulinou se tient dans tous ses virages, à droite comme à gauche, se déplace latéralement des deux côtés, part au galop du pas des deux côtés et monte dans le van. Evidemment, à droite, il a toujours un peu plus de mal quand on attaque une nouveauté, donc quand un exercice devient problématique, je lui rappelle que son souci vient de son épaule droite, je lui explique qu'il doit la tenir mieux que ça, donc pousser plus fort sur son postérieur pour l'alléger et dès qu'il a compris et mis les choses en place, l'exercice passe tout seul. Rien de sorcier, juste la base, la rectitude... et la rigueur



lundi 3 juin 2013

Cher monsieur Papa

Cher monsieur Papa, 

Oui, c'est bien à toi que j'm'exprime. Tu sais, je t'aime beaucoup, t'es très gentil, très poli et même assez beau garçon mais, comme je l'ai déjà dit il y a quelques temps à ta fifille, JE NE SUIS PAS superwoman... J'te jure c'est vrai.

Non, JE NE PEUX PAS, en 6 mois, transformer le jeune cheval de 4 ans, que t'as acheté à ta fifille qui n'avait pas encore son galop 4, en cheval de compétition qui sauterait tous les obstacles sans même les regarder parce que t'en as envie alors que je ne le vois, au mieux, que 4 fois par mois pendant maximum une heure.

Non, JE NE PEUX PAS, par la force de ma pensée, transformer ta fifille en Pénélope Leprévost alors qu'elle ne vient prendre un cours que 2 fois par mois parce qu'à priori elle a souvent catéchisme le mercredi et qu'il n'y a pas moyen qu'elle vienne un autre jour d'après ce que j'ai compris.

Non, JE NE PEUX PAS, rendre les compétitions gratuites malgré le fait, tu le sais bien, que pour l'instant je travaille bénévolement pour que ta fifille et toutes ses copines puissent progresser et pour que le centre équestre soit de plus en plus agréable à vivre/propre/avec du matériel récent/avec des chevaux mieux entretenus/etc. A priori le bénévolat n'appelle pas la gratuité, je te prie pourtant de croire que ça m'aurait vraiment bien arrangée, mais non, non plus.

Non, JE NE PEUX PAS, faire pression sur les organisateurs de concours pour que ta fifille puisse refaire son parcours à la fin de l'épreuve parce que figure toi qu'il y en a beaucoup d'autres qui n'ont pas fini leur parcours parce qu'ils ne sont pas doués ou parce qu'ils ont un cheval pas sympa ou parce qu'ils ont un jeune cheval ou bien pourquoi pas parce qu'aujourd'hui c'était pas leur jour... Figure toi que si tout ce petit monde refaisait son parcours à la fin de l'épreuve le concours il ne durerait pas la journée mais la semaine et, évidemment, tu te doutes bien que c'est pas possible toi qui a si peu de temps à toi parce que tu travailles beaucoup beaucoup. Il paraît que de nos jours, le temps c'est de l'argent... Ça aussi on pourrait en parler d'ailleurs...

Et non, JE NE PEUX PAS, et pourtant j'ai hésité parce que je suis vraiment un peu cruche, te prêter mon manège pour que tu puisses venir faire sauter ta fifille quand tu veux avec son cheval pour que la prochaine fois elle finisse son parcours. Oui, je suis vraiment cruche parce que si je t'avais dit oui, ça aurait voulu dire que le manège que je me fais chier à arroser et à herser amoureusement depuis plus de 8 mois, il peut servir à n'importe qui, n'importe quand et pour n'importe quoi et gratuitement en plus ! Faudrait vraiment être conne pour dire oui... Ça voudrait également dire que n'importe qui peut donc faire mon boulot à ma place parce que c'est vrai, j'ai payé une formation et je me fais chier à lire des livres et à faire des stages alors que ça sert à rien vu que toi, oui toi, tu peux faire exactement pareil que moi sans y connaître foutre rien à part qu'il faut sauter des barres et enchaîner des parcours jusqu'à ce que mort s'en suive. Non, je te le dis, très conne il faudrait être. Sans parler du fait que dans ce cas, il te suffirait de faire construire un manège chez toi et d'acheter un parc d'obstacles, le tour serait joué... Ah, mais non... Ben oui, ça coûte de l'argent hein tout ça ! C'est qu'on l'aurait presque oublié dis donc.


Voilà, en revanche, ce que je peux t'inviter à faire, c'est d'envoyer ta fifille prendre un peu plus de cours, voire même des cours particuliers si ça t'arrange, chez moi ou ailleurs, j'y vois vraiment aucun inconvénient. Tu pourrais aussi mettre ce cheval en pension afin qu'il soit travaillé et sorti tous les jours par quelqu'un qui s'y connaît en jeunes chevaux et qui pourrait lui apprendre tout plein de choses très facilement et tu sais pas quoi ? Le pire c'est que ça irait super vite parce que ce cheval il est vraiment très intelligent. Fin bon, c'est toi qui vois hein... Tu pourrais aussi prendre ton petit camion et emmener ta fifille sur les terrains des autres clubs pour que le cheval voit les endroits dans lesquels il ira en concours régulièrement, ça, ça serait super, bon évidemment ça serait mieux que ce soit moi qui le fasse, mais je préfère que ce soit toi, parce que tu verras que tout ça coûte très cher et prend beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps.

Et oui, du temps et de l'argent... On en revient toujours là

Donc, très cher monsieur papa, j'espère que tu ne m'en voudras pas de t'avoir dit tout ça, ça m'a vraiment fait du bien de te parler à coeur ouvert. J'espère que tu comprendras mon point de vue et que tu prendras les bonnes décisions. Merci en tout cas pour ta franchise, j'aime les gens qui disent ce qu'ils pensent et ce qu'ils ont sur le coeur, les relations sont tellement plus saines lorsque c'est le cas. Je te souhaite de trouver la solution idéale mais je peux d'ores et déjà t'annoncer qu'elle ne sera pas gratuite malheureusement...

mercredi 23 janvier 2013

La Transmission... Du Plaisir vers le Sentiment ... jusqu'à l'Art... un jour (partie 2)




La transmission... La transmission c'est décidément l'essence même du métier d'enseignant, se rendre compte que l'on a un pouvoir phénoménal, celui d'instruire. Mais pas d'instruire bêtement, genre tu fais ce que j'te dis et puis t'essaies surtout pas de réfléchir au pourquoi du comment. Non, instruire dans le sens : susciter la réflexion, l’introspection, la sensation, le sentiment même. 


Le sentiment... Le sentiment c'est quelque chose d'extraordinaire, d'abord on ne le soupçonne pas, ensuite on croit qu'on n'en a pas, et puis parfois on se dit qu'il y a quand même quelque chose, là, qui nous interpelle ; une espèce de sensation de bien-être ou de mal-être succédant à une action. Un jour ces sensations se précisent, on arrive à savoir d'où elles viennent et quelles en sont les causes, plus tard on sait corriger ou entretenir ce qui cause ces sensations, on a compris ce qui les provoquait et surtout on a compris que l'on en était les acteurs, qu'on n'avait pas à les subir, au contraire, que c'était nous, cavaliers, qui en tirions les ficelles. Et puis voilà, un beau jour, la somme de toutes ces sensations se transforme en une chose indescriptible que l'on nomme sentiment, d'aucuns vous parleront d'instinct mais je préfère le mot sentiment, je trouve qu'il reflète mieux les rouages qui nous permettent d'y parvenir.

D'aucuns vous diront également que le sentiment, on l'a ou on l'a pas, point. Et bien je suis persuadée du contraire, ça n'est pas "on l'a ou on l'a pas", en revanche c'est bien, on y est ouvert ou on y est fermé ce qui n'est pas du tout la même chose ! Parce que quand quelque chose est fermé, rien ne dit que cette chose ne pourra pas s'ouvrir un jour, c'est juste que cela demande du temps, de la patience et un tout petit peu d'écoute. Par écoute je parle de s'écouter, de rechercher ses sensations, d'essayer de comprendre comment fonctionne notre propre corps, physiquement, musculairement, physiologiquement. Il faut en passer par là pour ensuite comprendre comment ce dernier communique avec celui du cheval. En effet, lorsque nous sommes sur son dos, nos muscles interagissent avec les siens ; si nous sommes contractés ou crispés, la tension de nos muscles crée une tension dans les siens. Le résultat de cette contraction est que les deux entités se rejettent, chaque mouvement est compliqué,  chaque oscillation du cheval demande un effort important au cavalier pour maintenir un équilibre pour le moins précaire. C'est la première phase, je dis de mes élèves qu'ils sont au dessus de leur cheval, chacun fonctionne indépendamment de l'autre voire pire, chacun fonctionne en rejetant l'autre d'où l'inconfort ressenti par les cavaliers du débutant (à toutes les allures) au galop 7 et souvent bien plus loin (dans des allures comme le trot moyen ou lors du travail de deux pistes tels qu'appuyers ou épaules en dedans au trot et au galop).

On parle de liant, je crois bien que le liant est à la base du sentiment parce que c'est grâce à lui que l'on peut obtenir de bonnes sensations. Le liant s'acquière non pas par des séances sans fin de mise en selle bête et méchante, le liant s'acquière par une recherche sans fin du relâchement, de la descente de jambe, de l'équilibre, du fonctionnement quoi. Notre corps doit pouvoir fonctionner en accord avec celui du cheval sans aucune crispation, chaque action doit être contrôlée et effectuée dans le plus grand relâchement afin qu'aucune contraction ne vienne entraver la transmission musculaire entre le cavalier et sa monture. On parle d'alors d'être "dans" son cheval. Dans ce travail la tonicité est une notion essentielle, la communication homme cheval ne supporte aucune lourdeur et surtout aucune inertie, l'action doit être brève, claire et surtout, elle doit s'interrompre immédiatement à la moindre réponse adéquate du cheval. Dans le cas contraire ce dernier ne comprendrait pas la demande et ne pourrait donc pas y réponde correctement. Le cheval ne réfléchit pas comme nous, il fonctionne en essayant plusieurs réponses à notre demande jusqu'à ce que la bonne soit validée. Et la seule manière de valider une bonne réponse pour le cavalier est de donner du confort à son cheval en cessant immédiatement sa demande d'où le précepte séculaire : Agir, Résister, Céder souvent plus ou moins mal interprété d'ailleurs.

Le jour où le cavalier possède assez de liant pour obtenir des sensations justes de son travail, il commence à avoir du sentiment. L'exemple type des prémices du "sentiment" est le fait de sentir, à l'obstacle, qu'un abord est bon ou mauvais. Le fait de se dire en arrivant à deux ou trois foulées de l'obstacle "oh punaise ça va pas le faire..." est une chose excellente, cela veut dire que l'on commence à apprécier les distances. Le fait d'apprécier les distances n'a pour moi rien à voir avec un quelconque entrainement mathématique ou technique de comptage de pas, de mètres, etc. A mon sens, il revient à apprécier la qualité du galop de son cheval, son équilibre, le fait que l'on soit dans les bonnes sensations ou dans les mauvaises avec toutes les nuances qui mènent de l'une à l'autre évidemment. 

Ce sentiment là doit être reconnu, entretenu et développé car il mène à l'entente, à l'osmose du couple cavalier cheval. En dressage, la plupart des cavaliers vous diront qu'ils sentent quand un mouvement va passer ou ne va pas passer. Il y a des jours où vous savez que vous n'allez pas travailler la pirouette mais plutôt les changements de pieds, d'autres où vous sentez que l'allure du jour c'est le trot, donc on en profitez pour améliorer les allongements ou les appuyers dans cette allure, c'est comme ça, vous sentez que ce n'est pas la peine d'insister au galop. Un blocage quelque part, une contraction dans votre fonctionnement ou bien dans celui du cheval, peu importe étant donné qu'il n'y a pas moyen de faire l'un sans l'autre.

L'équitation, la vraie, commence là. Elle commence le jour où l'on sait adapter son travail aux capacités qui nous sont allouées au moment T, physiquement et mentalement, que ce soit pour le cavalier ou pour sa monture, l'un ne peut pas faire sans l'autre, c'est comme ça. Et le jour où les capacités sont à leur maximum des deux côtés il se passe ça (deux derniers paragraphes pour les fainéants), et c'est là que l'on touche à l'Art, un peu...

La Transmission... Du Plaisir vers le Sentiment ... jusqu'à l'Art... un jour (partie 1)


Il y a quelques temps je suis partie en balade avec deux de mes élèves, l'idée c'était de partir galoper comme des folles sur la piste.


Il faisait beau, super doux, le ciel bleu, la vue sur les Pyrénées, c'était juste parfait... Après quelques tours au trot et surtout, après les avoir prévenues de ne surtout pas ouvrir la bouche et de beaucoup plisser les yeux je suis partie au grand galop. Toujours pousser le cheval au début pour qu'il ait envie de ralentir à la fin, l'inverse est le meilleur moyen de ne jamais s'arrêter... Les filles se sont éclatées, moi aussi, et puis l'avantage quand on est devant, c'est qu'on ne mange pas de sable. Ben oui, parce que le sable, c'est vraiment pas bon du tout ! D'ailleurs les filles sont d'accord, mais bon, c'est l'jeu ma pauv'Lucette, quand on est derrière on bouffe du sable épicétou !

En arrivant en bout de piste je leur ai dit de profiter de la chance qu'on avait, la vue, le soleil, la douceur, le bonheur de se retrouver comme ça sur le dos d'un animal aussi fascinant et généreux que le cheval. A leur âge on ne se rend pas compte de tout ça, on trouve ça normal, les parents se chargent de tout, on n'a que ses problèmes d'ado à gérer, ses petites histoires de coeur, de lycée ou de copains/copines... Mais quand on entame sa vie active, tout à coup on se rend compte que monter à cheval c'est un luxe, on n'a plus tellement le temps, on n'a pas vraiment les finances, et puis il faut y aller aussi, c'est que c'est pas forcément à côté le centre équestre de Tataouine les bains ! J'ai bien vu qu'elles ne voyaient pas trop de quoi je parlais... Profiter ? Mais profiter de quoi ? La vue on l'a tous les jours, et puis du poney on en fait tous les week-end !

C'est vrai, les montagnes ne disparaissent pas de la surface de la terre... Mais si l'on y regarde de plus près, les jours où l'on peut vraiment les voir distinctement sont très rares. Et puis on a beau dire, cela commence à faire quelques temps que je suis là, pour autant je crois bien qu'il ne s'est pas passé un seul jour où j'ai ressenti une impression de déjà vu en les regardant. La lumière, la neige, les nuages, la brume... Chaque fois que les Pyrénées veulent bien se  montrer, une nouvelle facette de leur "personnalité" nous apparaît, c'est presque magique tellement c'est époustouflant. Certains jours je pourrais y passer la journée, me dire que vraiment, il faut que je fasse quelque chose avec cet appareil photo qui n'est jamais là quand il faut ! Si seulement je pouvais imprimer les images que mes yeux perçoivent...

Bref, même si elles ne sont pas réceptives aujourd'hui, je suis certaine qu'un jour elles comprendront. J'ai d'ailleurs eu la preuve qu'elles intégraient très bien ce que je tentais de leur faire passer quelques minutes plus tard... Elles m'ont montré qu'elles avaient acquis quelque chose d'essentiel, quelque chose d'exceptionnel, quelque chose de magique : le sentiment. J'avais réussi à leur transmettre cette chose abstraite, cette chose si difficile à appréhender, quelle fierté de les voir et de les entendre m'expliquer que oui, ce tronc là, il leur faisait peur, il était gros, surtout pour des poneys, mais elles sentaient qu'elles pouvaient le faire, vraiment. Elles sentaient que c'étaient possible, peut-être se vautreraient-elles lamentablement mais  l'exercice serait bénéfique parce qu'elles avaient la sensation qu'il fallait le faire, que le couple qu'elles formaient avec leur monture était capable techniquement et mentalement d'amener et de produire cet effort de manière juste.

Je ne savais pas moi même si chacun séparément était capable d'effectuer cet exercice, l'obstacle était effectivement gros pour des poneys, et surtout c'était un obstacle fixe, si l'un d'eux laissaient les genoux dedans c'était la chute assurée. J'ai pris le parti de leur faire confiance, parce que le sentiment ça ne se commande pas, et quand on sait l'écouter on a peu de chance de se tromper. Et puis si mes poneys s'estimaient incapable de le faire ils s'arrêteraient, cependant je les sentais en confiance, sereins. Les filles m'ont fait deux abords magnifiques, l'équilibre, la cadence, l'impulsion, l'énergie, tout y était, c'était du beau boulot ! Ne restaient plus aux poneys qu'à faire le leur. Premier gros obstacle fixe de leur vie, un chouille trop de confiance mais du coup un mental d'acier (ça aussi c'est une fierté parce que c'était pas gagné d'avance), aucune marge, les genoux sont même à moitié restés dans l'obstacle mais le poil de poney ça glisse ! On n'est pas passé loin du panachage en règle mais les deux sont passés, de justesse mais passés... Ouf me direz vous... Pas sûr... 

En effet, la première cavalière avec sa petite tendance à se jeter sur le côté a été surprise par le passage de dos de sa jument et a été légèrement éjectée... Petite chute sans gravité après l'obstacle, une chute d'école, celle qui vous instruit et qui vous apprend que : on reste à sa place même pendant le saut, on n'essaie pas de se la jouer à la Mérédith Michaels Beerbaum sur 160 alors qu'on saute 110... La deuxième n'est pas tombée mais son poney (qui avait aussi laissé les genoux) a tellement monté le dos qu'elle s'est retrouvée couchée sur ses oreilles à la réception, il est gentil, il n'a pas baissé la tête... Mais c'est pas passé loin ! 

Pour moi et pour elles un succès total. Elles sont rentrées tellement fières et heureuses de l'avoir fait. Les chutes on s'en tape, l'important c'est d'avoir réussi à emmener leurs poneys avec assez de confiance pour qu'ils se pensent capable de le faire, n'importe quel cavalier vous dirait que c'est l'essentiel, le ciment qui forme le couple, qui crée l'osmose : la relation de confiance induite par une équitation juste qui rassure le cheval.

Difficile d'exprimer la sensation que cela procure, constater que l'on a réussi à transmettre une telle confiance, un tel sentiment de sécurité et la technique, évidemment, permettant à ses cavaliers comme à ses jeunes poneys de se confronter à de réelles difficultés. 5 ans ce n'est vraiment pas vieux pour atteindre la maturité leur permettant d'effectuer un exercice si compliqué, surtout avec des cavaliers pas si expérimentés que ça sur leur dos. Quel bonheur, quelle fierté de faire passer un savoir faire, un savoir être... 


En un mot comme en mille, quel bonheur, quelle fierté de parvenir à transmettre...



samedi 17 novembre 2012

Émotions automnales...


L'automne...

L'automne, pour moi, c'est la saison romantique par excellence, on ne sait pas trop à quoi s'en tenir, on hésite encore entre la douceur des soirs d'été et l'envie de se lover dans un plaid tout en se laissant bercer par le crépitement du bois et la danse des flammes dans la cheminée. Les couleurs sont magnifiques... Le soleil et la nature ne font qu'un dans un dégradé d'orangés chatoyants. Les sols sont entièrement recouverts de feuilles dorées dans les sous bois. On pourrait se croire dans un monde imaginaire tellement les couleurs paraissent irréelles quand les raies de lumière filtrent à travers les branchages...

Après quelques jours de grand froid, le soleil est revenu, il est tôt, c'est le moment idéal pour profiter des allées désertes du bois. C'est aussi le moment idéal pour faire découvrir ce bonheur à mes élèves, le bonheur de partir en forêt, le bonheur de se sentir libre, le bonheur de galoper tellement vite qu'on en a les larmes qui coulent le long des joues, cette sensation grisante de n'être pas sûr de pouvoir s'arrêter et en même temps cette confiance dans le fait que tout ira bien...

Se perdre dans cette mer de couleurs chaudes, ne plus savoir où se trouve le chemin car tout y est recouvert de feuilles, se laisser porter par l'air frais du matin, s'abandonner à rêver que ce monde est magnifique et qu'il le sera toujours demain... Ecouter le pas des chevaux assourdi par le tapis de végétation, voir le souffle de leurs naseaux se matérialiser dans l'air en volutes blanches presque hypnotisantes, sentir la chaleur se dégager de leur corps et caresser les veines saillantes de leur encolure de nos mains. Observer leurs oreilles se dresser au moindre craquement de branche, leur oeil scruter les sous bois et puis les sentir s'en remettre à nous pour repartir de plus belle dans une chevauchée que l'on voudrait infinie...

Savoir que, même cachées par la forêt, les Montagnes sont là, immenses, majestueuses, fortes et magnifiques. Avoir la certitude qu'elles seront toujours là bien qu'elles soient souvent invisibles, savoir que la neige tombée il y a quelques jours y scintille sous les rayons du soleil,  savoir qu'on les reverra demain matin si la chance et le ciel sont avec nous...........

lundi 15 octobre 2012

S'entourer, comment on fait ? (2ème partie)


Je continue ma petite liste des gens qui m'apportent de la joie et qui me permettent d'avoir l'impression de vivre dans un monde qui n'est pas si mal en point que l'on aurait envie de le croire en regardant la télé ou en lisant les journaux.

J'ai déjà parlé d'une de ces personnes , cette personne c'est mon maréchal, je n'ai rien de plus à ajouter si ce n'est qu'en plus d'être exceptionnellement bon dans son métier, il a également des qualités humaines rares. Il fait toujours de son mieux pour être disponible quand on a besoin de lui, il est sympathique, agréable et en plus il a de l'humour. Et le plus du plus, malgré son emploi du temps de fou, il trouve le temps de venir s'occuper de mes poneys alors qu'il est juste méga sur-qualifié pour ça. Mes poneys sont parés par la Ferrari des maréchaux pour se prélasser dans leur pré et faire au max (pour l'instant) 4 heures de cours par semaine... Si ça c'est pas du luxe !

Ah si, j'aimerais également ajouter que ces personnes méritent un peu plus de respect que celui que l'on veut bien leur accorder habituellement ; ils passent quand même leur vie pliés au milieu des pieds de nos chevaux, et en plus d'être terriblement inconfortable, c'est aussi extrêmement dangereux. Je ne compte plus les fois où N. est arrivé avec un bleu énorme, des doigts fracturés ou encore des points au visage suite à un coup de pied ou une défense quelconque... Donc bon, quand vous avez un bon maréchal (et c'est très important de s'en assurer), s'il vous plaît, ne lui demandez pas en plus d'aller chercher votre poney au fond du pré alors que vous n'êtes pas là, trouvez lui un endroit propre, au sec et à l'abri pour qu'il puisse faire son travail dans de bonnes conditions, et permettez lui de se laver les mains lorsqu'il a terminé. Ça serait la moindre des choses. 


Une autre personne à qui je dois beaucoup et à qui je pense pratiquement tous les jours malgré le millier de kilomètres qui nous sépare est mon tuteur, celui qui m'a donné le goût d'aller plus loin, d'observer encore plus et encore mieux pour pouvoir transmettre aux autres. J'en parle . Je suis vraiment heureuse d'avoir écrit ces lignes car mes souvenir s'estompent inexorablement alors que j'aimerais pouvoir me rappeler de chaque minute passée à ses côtés. Nos contacts sont rares mais toujours emprunts d'une certaine nostalgie (en tous cas pour ma part), j'aime avoir de ses nouvelles et je suis heureuse d'apprendre qu'il a toujours autant de résultats en compétition et avec ses chevaux. J'espère qu'il n'est pas trop usé par la vie et par ces gens qui ne veulent ou ne peuvent pas comprendre, je sais qu'il ne m'en parlerait pas, ou seulement à demi mot...


Et puis il y a mes élèves, enfin certains de mes élèves. D'abord il y a L. qui peut être juste insupportablement insupportable, problème de langue, toussa, et puis caractère hautement inflammable en plus ! Mais ça ne l'empêche pas de sauter de joie comme une enfant lorsqu'elle finit son cours particulier en ayant appris encore quelque chose de nouveau et de me prendre dans ses bras pour me remercier (ce que j'aime moyennement mais j'ai pas trop bien le choix à vrai dire, et puis on s'habitue !). Elle est capable de vous faire croire que vous êtes un être exceptionnel alors que vous ne faites finalement que votre métier. Et puis pas moyen de partir sans qu'elle vous ait amené quelque chose à boire et à manger... Une vrai mère poule !

Ensuite il y a C. qui me fait pas mal rire avec ses gaffes, que ce soit en concours ou à la maison, on est parti d'assez loin mais c'est une vraie récompense de la voir évoluer jour après jour. Elle est toujours pleine d'attentions et de mots gentils, elle peut être assez bavarde sans s'en rendre vraiment compte, je vois parfois un certain désespoir dans les yeux de personnes du métier à qui elle entreprend d'expliquer certaines choses, mais elle est tellement affable et enjouée qu'on ne peut pas lui refuser grand chose ! En tous cas je l'adore parce qu'elle accepte mon sale caractère en concours, elle a tout compris de ma manière de communiquer et surtout, je l'adore parce qu'elle me ramasse lorsque je chois lamentablement de l'échelle de mon camion en manquant de me casser les deux jambes et parce qu'elle ne me lâche pas tant que j'ai pas mis de glace et de je sais plus quoi alors que je suis tellement énervée et bourrine que si j'étais toute seule je finirais le concours comme ça en me disant que j'avais qu'à faire attention pauvre naze que je suis !

Et puis il y a L, lui c'est pas un élève, c'est le propriétaire de plusieurs chevaux dont il m'arrive de m'occuper. On s'est rencontré , alors on ne se connaît pas plus que ça mais ça n'empêche qu'il nous arrive souvent de parler de tout et de rien, même de choses assez personnelles. On s'entend bien, je sais pas, on est plus ou moins toujours sur la même longueur d'onde et y a jamais de malaise, j'ai l'impression qu'on pourrait se raconter à peu près n'importe quoi sans que ça ne nous paraisse étrange ni à l'un ni à l'autre. Fin bon, lui je l'aime beaucoup parce qu'il n'y a pas longtemps, j'ai eu un problème avec mes clés (si vous avez un peu de temps à perdre vous pouvez aller voir ici), j'avais eu une sale journée et il est arrivé juste au moment où il ne fallait pas. J'étais au bord de la crise de nerf, j'avais envie de tuer tout le monde, et surtout j'étais dans la merde. Bon, et ben il ne pouvait strictement rien faire pour m'aider, il aurait bien aimé mais y avait pas de solution à mon problème autre que ce que l'on était déjà en train de faire, mais ça ne l'a pas empêché de rester facilement 35 minutes avec moi, juste pour être là. Et ben vous savez quoi, le soutien psychologique ça compte ! Alors je lui ai pas dit, mais ça m'a fait du bien de l'avoir à côté pendant une demi-heure, il ne servait à rien mais il était là, et parfois c'est uniquement ce dont on a besoin : une présence bienveillante et amicale.

Voilà, bon, il y en a d'autres mais ça sera pour un prochain épisode !


jeudi 11 octobre 2012

S'entourer, comment on fait ? (Première partie)


Alors surtout ne venez pas chercher la réponse à cette question ici, je ne l'ai pas !

C'est juste que cela fait un petit moment qu'une idée me trotte dans la tête, et plus j'avance, plus j'y réfléchi et plus cette idée est présente, elle m'envahie, elle me submerge, elle est omniprésente à chaque seconde ou presque, je ne pense qu'à ça....


J'ai une chance extraordinaire (c'est ça l'idée)


En fait je vis dans le monde des Bisounours, tous les gens qui m'entourent sont juste extraordinaires, je les aime, je les adore, je les vénère. Bon, sauf quand je pique ma crise et que je leur gueule dessus, mais c'est bien ça le plus hallucinant, il ne m'en tiennent pas rigueur, voir mieux, ils ne m'en aiment que plus. Vous avez déjà vu ça vous ?

Voilà voilà, donc comme je ne peux pas passer mon temps à leur dire que je les aime parce que déjà ça se fait pas de dire qu'on les aime à des gens qui ne sont "que" des relations de travail ou "que" des amis/connaissances plus ou moins proches et qu'en plus dans notre société ça peut être mal perçu de faire des déclarations d'amour à des gens qui sont déjà en couple ou du même sexe ou bien que sais-je encore (parce que je ne sais pas comment ils le prendraient si je leur annonçais ça comme ça de but en blanc : "-Salut ! - Tu sais que je t'aime toi !" Vous voyez le topo...), et bien j'ai pris la décision de le faire ici, voilà.

Donc je veux pas juste dire que je les aime parce que ça tout le monde peut le faire, je vais donc vous raconter quelques anecdotes qui font que je les aime encore plus que n'importe qui pourrait les aimer (oui parce que moi je fais tout mieux que tout le monde, vous le saviez pas encore ?). A part qu'il y a un petit problème, je sais pas par qui commencer... Nan parce qu'il ne faut pas croire, y a pas de classement, je les aime tous pareil, différemment, mais avec la même intensité, tous. Donc bon, pour me lancer je vais commencer par celui que j'ai aimé aujourd'hui et qui a été un petit peu le déclencheur de ce billet. En revanche, il est quasiment certain que je vais en oublier parce que j'ai rencontré tellement de gens géniaux dans ma pourtant si courte vie que ma mémoire de poisson rouge ne va certainement pas réussir à tous me les rappeler aujourd'hui. Et puis de toutes façons, il y a de fortes chances que ce billet finisse en plusieurs parties connaissant ma désespérante tendance à la digression, du coup, je n'aurai qu'à rajouter des billets au fur et à mesure des pérégrination de ma toute aussi désespérante mémoire.

Je me lance !

Mon véto, enfin, pas le mien bien que je suis sûre qu'il pourrait parfaitement me soigner, mais celui de mes animaux domestiques (donc pas les chevaux pour ceux qui suivent). Donc mon véto, je suis tombée sur lui par hasard en cherchant désespérément quelqu'un pour me dire ce qu'avait ce pauvre lapin que j'avais trimbalé aux quatre coins de la France depuis des années et qui méritait bien qu'on lui trouve un docteur digne de ce nom et pas un charlatan qui voulait l'ouvrir pour regarder là dedans avant de savoir exactement de quoi il retournait. Il n'était pas forcément réputé pour être un spécialiste des NACs à l'époque, et pourtant ! 

Bon, je vous passe tous les détails parce que sinon on en aura pour 10 ans mais il s'avère que cette personne est en passe de devenir un éminent spécialiste es Lapin, et ne vous moquez pas ! Figurez vous que le lapin est un des animaux les plus compliqué à soigner et à opérer ; en plus de son boulot de fou au cabinet il trouve le temps d'aller assister à toutes les conférences concernant sa spécialité et à chaque fois qu'il en a l'occasion il partage ce qu'il a appris avec ses "clients/patients", c'est à dire moi. Déjà, rien que pour ça je l'aime. Je l'aime aussi parce que quand un autre des lapins de la famille (oui je sais, c'est une ménagerie...) était sur le point de nous quitter, il n'a pas hésité à nous donner son numéro perso pour nous conseiller en cas de question/problème/inquiétude. Je l'aime parce qu'il passe voir ses "patients" sur ses jours de repos pour voir si tout va bien quand il doit les "hospitaliser" quelques jours. 

Mais aujourd'hui ce fût le summum. Je lui ai emmené le fameux lapin que j'ai trimbalé dans toute la France et qu'il vient d'opérer d'une arthrose sévère (exérèse de la tête fémorale pour ceux qui sauraient de quoi on parle). C'est une opération qui ne doit pas être réalisée tous les jours, je me demande même si ce n'était pas une première sur un lapin domestique bien qu'il n'aurait jamais osé me le dire de peur de me foutre la trouille. Je lui ai emmené pour qu'il puisse lui faire sa piqûre d'antibiotique (oui parce que l'opération c'est tellement bien passée que le lapin galopait presque déjà en rentrant à la maison, j'exagère mais il se déplaçait étonnamment bien), et pendant qu'il examinait le lapin que je lui tenais j'ai commencé à me sentir mal. Bon, je me suis dit que ça allait passer, mais non, comme une idiote j'avais un peu oublié de manger à midi et j'avais vite fait avalé un truc le matin, résultat j'étais en hypoglycémie. J'ai résisté deux minute et là je lui ai dit que ça n'allait pas et qu'il fallait que je m'assoie. Il m'a regardé, a attrapé le lapin, m'a dit de m'asseoir et à ouvert la porte pour que j'ai un peu d'air frais. Il était trop mignon parce qu'il ne savait pas trop quoi faire du lapin, il a hésité deux secondes et puis tant pis, il l'a emmené avec lui pour demander à une ASV de m'apporter des sucres et un verre d'eau. 

Pendant que je me remettais il a fini les soins du lapin avec l'ASV, ça allait mieux alors je me suis levée pour récupérer le lapin et le laisser tranquille, j'avais déjà assez abusé. Il n'a pas voulu me laisser partir tant que je n'aurai pas pris un thé ou un café, je lui ai donc dit ok pour un thé et je suis allée attendre dans la salle d'attente pensant qu'une ASV m'apporterait un thé d'une machine à café quelconque. Raté ! Quelques secondes plus tard son assistant venait tout penaud me présenter 2 boites de thé en me demandant lequel je voulais, encore une fois : trop mignon ! Et quelques minutes plus tard, mon véto en personne m'apportait ça :


J'étais au beau milieu de la salle d'attente d'un cabinet vétérinaire, c'était complètement surréaliste, un instant je me suis crue dans un salon de thé ; je crois que si j'avais pas eu l'assiette dans les mains je l'aurais embrassé. C'était vraiment trop adorable, il avait peur que je prenne la voiture comme ça. Du coup je me suis assise dans la salle d'attente avec mon lapin dans son panier et puis j'ai pris le thé, voilà. Je l'aime, c'est tout.




mercredi 10 octobre 2012

La légèreté


Bon allez, je me lance !

Ça commence à faire un petit moment que je fais travailler quelques cavaliers, ou plutôt quelques cavalières en fait, en cours particulier. Il se trouve que certaines de ces cavalières sont d'origine allemande et ont monté là-bas pendant un long moment, et plus ça va, et plus je m'aperçois avec étonnement que la légèreté est une totale surprise pour elles lorsqu'elles la comprennent et la ressentent pour la première fois. Bon, on sait que l'équitation allemande c'est pas non plus la grande finesse (attention, je veux pas dire que ce sont des brutes hein, mais ce sont des allemands quoi, c'est plutôt péremptoire comme équitation), mais quand même, quand on les voit monter en dressage, on se dit qu'ils s'en sortent pas si mal !

Voilà voilà, donc je me retrouve avec des cavalières qui montent avec peu de jambes, une assiette plus qu'approximative et en revanche des mains et des bras plus durs et plus figés qu'un bûcheron qui retient un tronc d'arbre en train de tomber... Ouais bon, j'exagère mais je suis pas si loin que ça de la vérité.

Donc pour ne parler que de ces deux là, il en en a une qui a une petite jument assez fine et l'autre qui a un gros cheval très massif. C'est là qu'on voit que la même "mauvaise" monte (à tout de même quelques détails près) n'a pas du tout les mêmes effets, alors que la même "bonne" monte (attention je schématise, il y a pour moi plusieurs bonnes montes, mais les principes de base restent identiques) se termine toujours par un cheval léger, harmonieux, cadencé et en équilibre.

Donc la petite jument étaient complètement enfermée/encapuchonnée, derrière la main, lourde à la jambe et je ne vous parle pas de la morphologie ! Une énorme boule derrière la nuque et un creux devant le garrot. Un bon dos tout de même étonnamment, et une grande qualité, malgré un rein complètement bloqué, elle était pratiquement toujours dans ses traces. Au travail, toujours fuyante, se désunissant, très flottante, parfois même dangereuse car elle pouvait devenir complètement incontrôlable. Sa cavalière s'était d'ailleurs fait peur déjà une ou deux fois.

En ce qui concerne le gros, c'était autre chose étant donné qu'il a beaucoup plus de force que sa cavalière, vu qu'elle était bloquée dans ses bras, et bien qu'à cela ne tienne, il la sortait de sa selle à chaque foulée. Ben oui, si le bras se déplie pas, faut bien qu'il y ait quelque chose qui se déplace ! Bon, évidemment il a eu moins de problèmes physiques vu qu'il a un poids plume sur le dos, du coup c'était plutôt la cavalière qui avait des problèmes... Mal aux épaules, on en a parlé , et surtout super la trouille ! Forcément, vu qu'elle était complètement bloquée, son cheval la bougeait énormément, il s'échappait dans ses épaules, elle se sentait dépassée, résultat, une trouille bleue de galoper, et au trot c'était tout juste hein...

On a donc tout repris à zéro pour ce petit monde, et ce ne fut pas facile ! Quand j'ai dit à la cavalière de la jument qu'il fallait lui faire ouvrir l'angle tête encolure, et que pour l'instant ce n'était pas grave si elle avait un peu le nez au vent, je crois qu'elle a eu un choc. D'ailleurs elle m'en parle encore aujourd'hui comme d'un traumatisme ! Ouf, heureusement qu'elle me faisait assez confiance pour le faire quand même, parce que vu ce qu'elle me dit, ça l'a vraiment marquée. 

Pour le gros, le plus difficile a été la confiance, elle avait tellement peur de lui lâcher la tête. Et surtout cette rêne gauche ! Le pauvre, il était tout le temps tordu comme pas possible. Comme si elle pensait qu'il allait lui exploser entre les doigts à la moindre occasion. En fait c'est un gros pépère de 8 ans avec beaucoup de métier pour son jeune âge, mais c'est surtout un amour ! La seule chose qu'il peut faire, c'est lever un peu le nez si il voit quelque chose de nouveau, et encore ! Par contre il est énorme, et il sait très bien se servir de sa masse comme force d'inertie, du coup ça peut devenir vraiment difficile  d'être à l'aise dessus.

Au bout de quelques séances de moins de mains et de plus de jambes et surtout d'assiette, les évolutions ont commencé à pointer le bout de leur nez. Pour la jument ce fut facile, elle s'est petit à petit tendue dans sa ligne du dessus, s'est mise à travailler plus ou moins en ligne et à prendre du contact. Bon, par contre, un gros problème de main gauche là aussi, doit y avoir un souci avec le fait de tourner à gauche en Allemagne, je sais pas... Il a fallu également régler cette manie de travailler en contraction en descendant les mains sous le garrot pour faire céder le cheval, parce qu'à moins d'avoir un cavalier de haut niveau avec beaucoup de jambes, je n'ai jamais vu cela fonctionner ; à part mettre le cheval sur les épaules, lui contracter la base de l'encolure et lui faire lâcher le dos je n'ai pas vraiment vu l'intérêt de cette posture... Sans parler de la contraction du cavalier ! 

Pour le gros ce fut légèrement plus compliqué car il a quand même une bonne tendance à prendre la main du cavalier pour une béquille, genre : 

"Attends, j'arrive pas à m'arrêter, bouge pas, je m'appuies bien sur toi comme ça c'est plus facile. Comment ça t'as du mal à soutenir 600 kg ?"

Il a donc fallu beaucoup travailler sur l'assiette de la cavalière, tenir son dos, prendre son cheval dans les jambes, ne rien demander dans la main tant que la masse n'était pas reportée sur les hanches. Et surtout ! Soutenir ses mains dans ses demandes au lieu de les descendre sous le garrot et de basculer tout son haut du corps vers l'avant par la même occasion. Dans le genre je te rajoute encore un peu de poids sur les épaules parce qu'à mon avis y en avait pas encore assez, on peut pas mieux faire...

Et après j'entends : 
"- Il pèse un peu à la main hein !
  - Non sans blague !?"

Et puis il y a eu le jour où, à force de répéter les mêmes consignes séance après séance, exercice après exercice, j'ai vu leur visage s'illuminer. Elles avaient senti ! Senti le cheval se porter et les porter, plus d'effort à faire, rien qu'à se laisser aller pendant les quelques secondes de ce petit état de grâce. La légèreté, l'impulsion, la cadence, la rondeur, tout y était ! Bon, pendant 3 secondes et demi, mais ça n'est pas ça l'important, l'important c'était bel et bien de se rendre compte que cela existe vraiment, que ce que l'on s'imagine du dressage ce n'est pas de la contrainte mais bel et bien de l'harmonie, de la légèreté, et surtout du plaisir ! Sentir son cheval répondre à la plus légère pression, le sentir s'enlever sous soi et monter dans un rebond souple et élastique, c'est juste une expérience extraordinaire, il faut l'avoir vécu dans sa vie de cavalier, sinon ça n'a pas de sens de faire de l'équitation.

Evidemment, au départ ce ne sont que des sensations éphémères, fugaces, il faut du métier pour maintenir cet état de grâce pendant plusieurs minutes, la plupart des grands cavaliers vous diront que ça ne leur arrive pas tous les jours ! Ils ont parfois des séances exceptionnelles, mais cela ne se commande pas, il faut non seulement la technique, mais il faut également le mental, celui du cavalier et celui du cheval, tout cela doit s'accorder parfaitement, on appelle cela l'osmose. C'est presque magique tellement c'est subtil, le cavalier pense, le cheval danse, dans ces moments là, le couple cavalier cheval ne fait qu'un, et ce n'est pas une image, c'est vraiment la sensation que l'on a, il n'y a pas de mot pour le décrire vraiment...